
KINSHASA, 18 août 2026 — La tension monte dans la commune de Ngaba, à Kinshasa, autour de la perception des frais liés à la prospection parcellaire. Ce mardi, plusieurs habitants ont organisé un sit-in pour protester contre la poursuite de cette perception et réclamer l’arrêt de ce qu’ils considèrent comme une pratique devenue controversée.

Le président du conseil communal de Ngaba, Mazebo Kindombe Blondel, a confirmé la tenue de cette manifestation lors d’un entretien avec le correspondant d’Alerte News à Kinshasa.
Selon lui, cette mobilisation n’a pas été initiée par le conseil communal, mais directement par la population de Ngaba.
La prospection parcellaire au cœur de la colère
D’après Mazebo Kindombe Blondel, la principale revendication des manifestants concerne la poursuite de la perception des fonds liés à la prospection parcellaire.
Le président du conseil communal affirme que cette perception avait pourtant été annulée par le conseil communal après l’examen de la manière dont l’opération était organisée.
Malgré cette décision, soutient-il, des agents auraient continué à être déployés sur le terrain par l’exécutif communal, à travers le bourgmestre de Ngaba, pour percevoir de l’argent auprès des propriétaires des parcelles.
Cette situation aurait provoqué le mécontentement d’une partie de la population, qui réclame désormais la fin de ces perceptions.
Les habitants dénoncent également, selon le président du conseil communal, des arrestations qu’ils qualifient d’arbitraires ainsi que ce qu’ils considèrent comme une mauvaise gestion de la commune.
Des revendications dirigées contre l’exécutif communal
Au cours de leur mobilisation, les manifestants auraient également réclamé la suspension du bourgmestre de Ngaba.
Ils lui reprocheraient notamment une gestion jugée insatisfaisante de la commune et un manque de vision dans la conduite de certaines affaires locales.
Ces revendications interviennent dans un contexte de divergences entre l’organe délibérant et l’exécutif communal concernant précisément la conduite de la prospection parcellaire et les modalités de perception des fonds qui y sont associés.
Mazebo Kindombe Blondel dément toute instrumentalisation du sit-in
Alors que certaines accusations feraient état d’une possible implication du conseil communal dans l’organisation de la manifestation, Mazebo Kindombe Blondel rejette catégoriquement cette version.
Le président du conseil communal affirme que son institution n’a pas organisé le sit-in.
Il invite les personnes qui soutiennent le contraire à consulter les documents déposés auprès de la commune pour solliciter l’organisation de la manifestation.
Selon lui, ces documents établissent que l’initiative venait de la population elle-même et n’avait pas été portée ou signée par le conseil communal.
« La demande émanait directement de la population de Ngaba », soutient-il.
« La coordination ne peut jamais prendre des décisions à la place du conseil communal »
Mazebo Kindombe Blondel a également tenu à clarifier la question de la compétence institutionnelle dans la gestion de la prospection parcellaire.
Il rejette notamment l’idée selon laquelle la décision concernant la perception des frais aurait été prise par la coordination de l’assainissement.
Pour lui, cette présentation ne correspond pas au fonctionnement légal et institutionnel de la commune.
« La commune est une entité autonome. La coordination ne peut jamais prendre des décisions à la place du conseil communal », a-t-il déclaré.
Le président du conseil communal précise que la décision initiale concernant la prospection parcellaire avait été prise par le conseil communal avant d’être annulée par ce même organe.
Cette annulation serait notamment intervenue après que le conseil communal eut constaté des difficultés liées à la procédure et aux modalités pratiques de perception.
5 000 FC, 10 000 FC et jusqu’à 10 dollars : des montants qui interrogent
Autre élément au cœur de la controverse : les montants demandés aux propriétaires des parcelles.
Selon Mazebo Kindombe Blondel, les sommes réclamées n’étaient pas uniformes.
Dans certains cas, les propriétaires auraient payé 5 000 francs congolais, tandis que d’autres auraient été sollicités à hauteur de 10 000 francs congolais.
Certains auraient même payé jusqu’à 10 dollars américains, selon les informations communiquées par le président du conseil communal.
Cette variation des montants aurait suscité des interrogations au sein du conseil communal, particulièrement sur la traçabilité des fonds collectés.
Pour Mazebo Kindombe Blondel, l’absence d’un montant clairement harmonisé posait donc un problème dans la gestion et le suivi des recettes issues de cette opération.
Il affirme que le conseil communal était presque arrivé au terme de ses travaux lorsqu’il a constaté des difficultés dans l’organisation de cette perception.
Face à ces irrégularités présumées, l’organe délibérant aurait finalement décidé de mettre fin à la mesure.
Une opération lancée en mars 2026
La prospection parcellaire avait été lancée à Ngaba en mars 2026. Elle avait notamment été présentée comme une opération destinée à recueillir des données sur les parcelles, les ménages et les conditions sanitaires dans la commune.
L’objectif affiché était notamment de disposer d’informations permettant de mieux orienter certaines actions publiques, particulièrement dans le domaine de l’assainissement.
Mais l’opération se retrouve désormais au centre d’une controverse, non pas uniquement autour de son principe, mais surtout autour des modalités de perception des fonds auprès des habitants.
La population dit soutenir la décision du conseil communal
Pour Mazebo Kindombe Blondel, le sit-in de ce mardi doit être compris dans ce contexte.
Il estime que les habitants mobilisés cherchaient notamment à empêcher la poursuite de la perception et à soutenir la décision prise par le conseil communal.
Cette mobilisation traduit également, selon lui, le niveau de mécontentement atteint dans certains quartiers face à la poursuite d’une opération dont l’annulation aurait déjà été décidée par l’organe délibérant.
Des divergences qui persistent à Ngaba
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les divergences entre le conseil communal et l’exécutif de Ngaba sur la gestion de certaines questions locales.
Au centre du débat se trouvent désormais plusieurs interrogations : quelle est l’autorité compétente pour décider de la perception ? Quels montants doivent être appliqués ? Comment les fonds collectés sont-ils retracés ? Et surtout, que devient la décision d’annulation prise par le conseil communal ?
Alors que la population réclame davantage de transparence, l’exécutif communal pourrait être appelé à apporter des clarifications sur la poursuite de cette perception et sur les accusations formulées à son encontre.
Pour l’heure, Mazebo Kindombe Blondel confirme la tenue du sit-in et maintient que cette mobilisation est une initiative de la population, tout en réaffirmant la position du conseil communal : la perception contestée avait été annulée par l’organe délibérant.
Marie Christophe KABUNDA
Alerte News