RDC : au CHESD, Félix Tshisekedi réaffirme que la souveraineté et l’intégrité territoriale ne sont pas négociables

KINSHASA, 20 août 2026 — Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a réaffirmé avec force l’attachement de la RDC à sa souveraineté, à son intégrité territoriale et à son unité nationale. Le chef de l’État s’exprimait à l’occasion de la célébration du 10ᵉ anniversaire du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), où il a livré un discours consacré aux mutations de l’environnement sécuritaire et aux nouvelles exigences de la défense nationale.

Dans un contexte marqué par la persistance des défis sécuritaires dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a insisté sur le caractère non négociable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

Pour le président congolais, la recherche de la paix demeure une priorité, mais celle-ci doit être fondée sur des garanties concrètes et vérifiables. Il a notamment plaidé pour une paix « juste, vérifiable et durable », reposant entre autres sur le retrait des forces étrangères non invitées, la cessation de tout soutien aux groupes armés, leur désarmement effectif ainsi que la protection des populations civiles.

Dialogue et diplomatie, mais aussi renforcement de la défense

Félix Tshisekedi a réaffirmé son engagement en faveur du dialogue et des initiatives diplomatiques visant à mettre fin aux conflits qui affectent la RDC.

Le chef de l’État a notamment évoqué les démarches conduites sous l’égide de l’Union africaine ainsi que les processus de Washington et de Doha, considérés comme des cadres importants dans la recherche d’une solution politique et diplomatique aux crises sécuritaires.

Mais pour le président de la République, la diplomatie ne peut être dissociée du renforcement des capacités nationales de défense.

Il a ainsi appelé à poursuivre la transformation des outils de défense de la RDC afin de permettre au pays de mieux répondre aux menaces qui pèsent sur son territoire et sa population.

La souveraineté ne se limite plus aux frontières

Dans son intervention au CHESD, Félix Tshisekedi a également insisté sur l’évolution profonde de la notion de sécurité nationale.

Selon lui, les menaces contemporaines dépassent désormais largement le cadre traditionnel des conflits armés et des affrontements militaires. La souveraineté d’un État se joue également dans des domaines technologiques, économiques, informationnels et stratégiques.

Le cyberespace, la maîtrise des données, les réseaux d’information, les chaînes d’approvisionnement et la protection des infrastructures critiques figurent désormais parmi les principaux enjeux de souveraineté.

Le président congolais a également cité la désinformation, l’utilisation croissante des drones et de l’intelligence artificielle, le terrorisme, le dérèglement climatique ainsi que la compétition internationale autour des minerais stratégiques.

Dans cette nouvelle configuration, a-t-il fait valoir, une mine, un port, un corridor logistique, une banque de données ou encore un réseau de télécommunications peuvent constituer des enjeux de souveraineté aussi déterminants qu’une frontière terrestre.

Vers une doctrine de défense globale

Face à cette transformation des menaces, Félix Tshisekedi plaide pour une approche plus large de la défense nationale.

Il estime que la réponse de la RDC ne peut plus reposer uniquement sur l’action des Forces armées. Elle doit également mobiliser plusieurs secteurs de l’État et de la société.

Le chef de l’État a ainsi mis en avant la nécessité d’une meilleure coordination entre les forces armées, la diplomatie, le renseignement, l’économie, la recherche scientifique, la justice, la communication stratégique et l’aménagement du territoire.

Cette approche vise à adapter la doctrine de défense congolaise aux réalités d’un monde où les conflits ne se déroulent plus uniquement sur les champs de bataille, mais également dans le cyberespace, l’économie, l’information et la maîtrise des ressources stratégiques.

Le CHESD, un outil de réflexion stratégique

La célébration du 10ᵉ anniversaire du CHESD a ainsi servi de cadre au président de la République pour rappeler l’importance de la formation et de la réflexion stratégique dans la consolidation de la défense nationale.

À travers cette institution, la RDC entend renforcer les capacités de ses cadres civils et militaires appelés à réfléchir aux enjeux stratégiques auxquels le pays est confronté.

Pour Félix Tshisekedi, l’évolution de l’environnement sécuritaire impose désormais une vision globale, capable d’anticiper les menaces et de mieux articuler les différents instruments de puissance de l’État.

Le message présidentiel au CHESD se résume ainsi à un double impératif : poursuivre les efforts diplomatiques pour parvenir à une paix durable tout en renforçant les capacités de la RDC à protéger elle-même sa souveraineté, son territoire et ses intérêts stratégiques.

Dans cette perspective, le chef de l’État maintient que la paix recherchée ne saurait se faire au détriment des principes fondamentaux de la République : la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la RDC restent, selon lui, des lignes rouges qui ne sont pas négociables.

REDACTION

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