Lubumbashi : le phénomène des « Shegués » persiste au cœur de la ville, la prise en charge des enfants en rupture familiale interroge

LUBUMBASHI, 7 septembre 2026 — Ils font désormais partie du paysage urbain de plusieurs quartiers du centre de Lubumbashi. Devant l’hôtel de ville, aux abords de la Poste ou encore le long de certaines avenues très fréquentées, des enfants et jeunes en rupture familiale, communément appelés « Shegués », continuent d’occuper l’espace public.

Leur présence, particulièrement visible dans les endroits très fréquentés, met une nouvelle fois en lumière la question de la protection de l’enfance dans la capitale du Haut-Katanga.

Souvent âgés de quelques années à peine pour certains, ces enfants passent une partie importante de leur temps dans la rue. Ils y cherchent notamment de quoi se nourrir, se protéger et, pour certains, subvenir à leurs besoins quotidiens à travers de petits travaux ou la mendicité.

Une présence visible au cœur de Lubumbashi

Dans le centre-ville, leur présence est difficile à ignorer. Aux heures de forte affluence, certains se regroupent aux abords des lieux publics, sollicitant l’aide des passants ou se déplaçant d’un endroit à un autre.

La situation est particulièrement remarquée autour de l’hôtel de ville et de la Poste, mais également sur plusieurs grandes artères du centre urbain.

Cette présence dans des espaces publics fréquentés expose ces enfants à de nombreux risques, notamment les violences, les accidents de circulation, l’exploitation et diverses formes d’abus.

Au-delà de l’aspect sécuritaire ou de l’occupation de l’espace public, le phénomène pose surtout une question sociale : que deviennent ces enfants et quelles solutions durables leur sont proposées ?

Des enfants confrontés à la précarité

Derrière l’appellation populaire « Shegués » se trouvent des parcours familiaux souvent différents. Certains enfants ont quitté leur famille à la suite de conflits ou de violences, tandis que d’autres se retrouvent dans la rue après avoir perdu leurs parents ou leurs principaux soutiens.

Pour plusieurs d’entre eux, le retour dans la famille demeure difficile, voire impossible, en raison des circonstances ayant conduit à leur présence dans la rue.

La rue devient alors un espace de survie, mais également un environnement dans lequel les enfants sont particulièrement vulnérables.

Des associations et organisations œuvrant dans la protection de l’enfance interviennent régulièrement pour identifier, assister ou tenter de réinsérer certains enfants. Toutefois, l’ampleur du phénomène et la complexité des situations familiales rendent les solutions ponctuelles insuffisantes.

La responsabilité des autorités remise sur la table

La persistance du phénomène relance également la question du rôle des autorités urbaines et provinciales dans la prise en charge des enfants en rupture familiale.

Pour plusieurs observateurs, les opérations visant uniquement à éloigner les enfants des grandes artères ne peuvent constituer une réponse durable. Une véritable prise en charge devrait notamment passer par l’identification des enfants, leur protection, l’accompagnement psychosocial, la recherche des familles lorsque cela est possible et la réinsertion scolaire ou professionnelle selon l’âge.

La question des structures d’accueil adaptées demeure également centrale.

Sans dispositif suffisamment structuré et coordonné, les enfants retirés de la rue risquent de retrouver rapidement les mêmes conditions de vie et de revenir dans les espaces publics.

Un problème qui dépasse le centre-ville

Le phénomène des enfants vivant dans la rue ne concerne pas uniquement quelques avenues de Lubumbashi. Il s’inscrit dans une problématique sociale plus large, liée notamment à la pauvreté, aux violences familiales, à la déscolarisation, à la fragilité de certaines familles et à l’insuffisance des mécanismes de protection sociale.

Pour les acteurs de la protection de l’enfance, une réponse efficace devrait donc associer les autorités publiques, les familles, les organisations spécialisées et les communautés.

À Lubumbashi, la présence persistante des « Shegués » au cœur de la ville constitue ainsi un rappel visible d’une urgence sociale qui ne peut être traitée uniquement comme une question d’ordre public.

La véritable question demeure désormais celle de leur avenir : comment sortir durablement ces enfants de la rue tout en leur garantissant protection, éducation et possibilité de retrouver une vie familiale stable ?

REDACTION

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *