
HAUT-KATANGA — La commune de Likasi, dans la ville de Likasi, est confrontée à une situation administrative inhabituelle. Deux responsables se réclament actuellement de la fonction de bourgmestre, sur fond de décision judiciaire ayant ordonné le rétablissement d’Olivier Kiboko Munongo M’Siri dans ses fonctions. Une situation qui alimente la confusion au sein de l’administration communale.
Une décision judiciaire au cœur du bras de fer
Suspendu à la suite d’une mesure administrative pour une faute qui lui était reprochée, Olivier Kiboko Munongo M’Siri a obtenu le rétablissement dans ses fonctions après le prononcé de l’ordonnance RO 010 du 18 septembre 2026 par la Cour d’appel du Haut-Katanga, siégeant comme Cour administrative d’appel.
Cette décision judiciaire a été suivie de son exécution le 21 septembre 2026.
Les huissiers de justice de la Chambre provinciale près la Cour d’appel du Haut-Katanga sont intervenus pour procéder à l’exécution de l’ordonnance, au nom du Chef de l’État.
Cette démarche devait permettre de donner effet à la décision de justice et de rétablir Olivier Kiboko Munongo M’Siri dans l’exercice de ses fonctions.
Banza Mwepu Leya refuse de céder sa place
Mais cette exécution n’a pas mis fin au différend.
Mme Banza Mwepu Leya, qui assurait l’intérim à la tête de la commune pendant la suspension d’Olivier Kiboko Munongo M’Siri, continue également de se maintenir dans la fonction.
La commune se retrouve ainsi dans une configuration particulière, avec deux responsables qui exercent ou revendiquent simultanément les prérogatives attachées au poste de bourgmestre.
Cette situation crée une véritable dualité de commandement au sein de l’administration communale.
Une situation qui inquiète les services communaux
Cette situation ne se limite pas à un différend entre deux personnalités. Elle pourrait avoir des répercussions directes sur le fonctionnement quotidien de l’administration.
Les services communaux sont en effet appelés à recevoir des instructions et à exécuter des décisions relevant de l’autorité du bourgmestre. La présence de deux responsables revendiquant la même fonction peut dès lors provoquer des incertitudes sur la personne habilitée à donner des orientations et à engager officiellement l’administration.
La question de la signature des documents administratifs, de l’exécution des décisions, de la coordination des services et de la représentation officielle de la commune pourrait notamment devenir problématique si aucune clarification n’intervient rapidement.
Une clarification administrative désormais attendue
L’exécution de l’ordonnance RO 010 constitue un élément important dans cette affaire. Toutefois, la persistance de la dualité à la tête de la commune montre que le dossier demeure loin d’être définitivement apaisé sur le terrain.
Les autorités administratives compétentes sont désormais attendues pour clarifier la situation et déterminer les modalités permettant de rétablir une chaîne de commandement unique au sein de la commune.
Pour les habitants de Likasi, l’enjeu dépasse le seul affrontement autour du fauteuil de bourgmestre. Il concerne également la continuité du service public, la stabilité de l’administration communale et la sécurité juridique des décisions prises au nom de la commune.
Deux bourgmestres, une seule commune
En attendant une nouvelle clarification officielle, la commune de Likasi reste donc confrontée à une situation pour le moins singulière : deux responsables pour une même fonction, deux chaînes d’autorité et une administration appelée à fonctionner dans un contexte de forte incertitude.
Une sortie de crise apparaît désormais nécessaire afin de permettre aux services communaux de travailler dans un cadre administratif clairement établi et aux populations de bénéficier d’une autorité locale pleinement identifiée.
REDACTION