
La présence d’un éléphant en divagation continue de semer l’inquiétude dans le territoire de Kazumba, au Kasaï-Central. Deux jours après la mort d’un jeune homme à Mikalayi, une nouvelle attaque a fait un blessé grave jeudi 1er octobre dans la localité de Kambundi, secteur de Musuasua. Les habitants réclament désormais une intervention efficace des services compétents pour mettre fin à cette situation.

La menace se déplace au rythme du pachyderme. Après l’attaque mortelle enregistrée mardi 29 septembre à proximité de la mission catholique de Mikalayi, dans le territoire de Kazumba, un autre incident a été signalé jeudi dans la même zone.
La victime, identifiée comme Junior Kanku wa Nsomba Soso, se trouvait avec d’autres jeunes dans un champ de maïs, du côté du village Kabudi, à Kambundi, lorsqu’ils auraient aperçu l’animal. Selon plusieurs témoignages locaux, pris de panique, les jeunes ont tenté de s’éloigner. L’éléphant les aurait alors poursuivis avant de charger le jeune homme.
Grièvement atteint à la gorge et à l’abdomen
D’après les informations recueillies sur place, Junior Kanku aurait été violemment atteint par les défenses de l’animal au niveau de la gorge et de l’abdomen. La blessure aurait provoqué une importante perte de sang.
Le jeune homme a été évacué en urgence vers l’Hôpital général de référence de Mikalayi, où il a été pris en charge. Les sources consultées ne donnent toutefois pas toutes la même information sur l’évolution ultérieure de son état ; les premiers rapports disponibles faisaient état d’un patient grièvement blessé et hospitalisé.
Après cette nouvelle attaque, l’éléphant aurait poursuivi son déplacement en direction de Kasusu, du côté de Ntambu, alimentant davantage la peur dans les villages environnants.
Un précédent drame encore dans les mémoires
Cette nouvelle attaque intervient seulement quelques jours après la mort d’un jeune homme à Mikalayi. Le 29 septembre, un éléphant signalé depuis plusieurs jours dans le secteur de Musuasua avait mortellement piétiné un habitant après que celui-ci se serait approché de l’animal pour l’observer. L’incident a suscité une forte inquiétude parmi les habitants et les organisations locales.

La présence du pachyderme perturbe également les activités quotidiennes, notamment les travaux agricoles. Dans cette région où de nombreuses familles dépendent des champs, la crainte de croiser l’animal sur les sentiers ou dans les plantations constitue désormais une préoccupation majeure.
Des habitants réclament une intervention rapide
Face à la répétition des incidents, les populations locales demandent aux autorités et aux services spécialisés de localiser l’éléphant et de prendre des mesures permettant de protéger les habitants, tout en évitant une intervention susceptible de mettre davantage en danger la population ou l’animal.
Contrairement à l’idée d’une absence totale de réaction officielle, le gouvernement provincial avait déjà appelé la population à la prudence. Dans un communiqué relayé par l’ACP le 30 septembre, le ministre provincial de l’Intérieur, Méroé Kamayi, avait demandé aux habitants de s’éloigner du pachyderme et d’éviter toute provocation. L’exécutif provincial avait également indiqué que des dispositions techniques avaient été arrêtées pour protéger les vies humaines et préserver l’animal conformément à la législation.
Mais après cette nouvelle attaque, les inquiétudes restent vives. Pour les habitants de Kambundi, Kabudi, Kasusu et des localités voisines, l’enjeu est désormais de transformer les consignes de prudence en mesures concrètes de sécurisation et de gestion de cette situation inhabituelle.
La question de l’origine de l’éléphant demeure par ailleurs ouverte. Plusieurs sources rapportent qu’il avait d’abord été aperçu dans les environs de Ngomba avant de se déplacer vers Mikalayi puis d’autres localités de Musuasua.
En attendant une prise en charge durable de cette situation, les habitants sont appelés à éviter de s’approcher du pachyderme, de le poursuivre ou de tenter de le provoquer. Dans une zone où un premier décès a déjà été enregistré et où une nouvelle personne vient d’être grièvement blessée, la prudence demeure la principale mesure de protection pour les populations exposées.
REDACTION