Kasaï-Central : privés de Congo Airways depuis 2025, les commerçants alertent sur l’isolement économique de Kananga

Kananga, 3 octobre 2026 — Au Kasaï-Central, l’absence de Congo Airways continue de peser lourdement sur l’activité économique. Depuis l’arrêt des opérations de la compagnie aérienne nationale en avril 2025, les commerçants de Kananga disent faire face à une hausse des coûts de transport, à des difficultés d’approvisionnement et à une érosion du pouvoir d’achat de la population.

L’alerte a été lancée ce samedi par Albert Luntu, président du comité urbain de l’Association des commerçants de Kananga. Pour les opérateurs économiques, la situation devient préoccupante et appelle une réponse rapide des autorités nationales.

« Nous en appelons à l’accompagnement du gouvernement central pour la relance des activités de la compagnie aérienne Congo Airways dont l’arrêt depuis le mois d’avril 2025 a perturbé notre secteur », a déclaré Albert Luntu.

Le transport aérien au cœur des difficultés

Pour les commerçants kanangais, la suspension des activités de Congo Airways ne constitue pas uniquement un problème lié au transport des passagers. Elle a également des répercussions directes sur les échanges commerciaux et l’approvisionnement de la province.

La disparition de la compagnie nationale du ciel congolais aurait notamment contribué à une augmentation du prix des billets proposés par les compagnies privées. Une situation qui renchérit les déplacements des opérateurs économiques et complique les liaisons entre Kananga et les autres grands centres commerciaux du pays.

À cette contrainte s’ajoutent les difficultés d’acheminement des marchandises. Pour les commerçants, l’absence d’une offre aérienne plus accessible réduit les possibilités de déplacement rapide et rend certaines opérations commerciales plus coûteuses.

Des conséquences qui se répercutent sur les consommateurs

Les difficultés rencontrées par les commerçants ne restent pas confinées au secteur économique. Elles finissent également par toucher directement les ménages.

Lorsque les coûts de transport et d’approvisionnement augmentent, les commerçants sont contraints de répercuter une partie de ces charges sur les prix des produits. Dans une province où le pouvoir d’achat demeure fragile, cette situation accentue la pression sur les consommateurs.

Albert Luntu évoque ainsi une baisse du pouvoir d’achat de la population, conséquence indirecte des difficultés qui affectent le circuit commercial.

Pour les opérateurs économiques, la question du transport aérien doit donc être considérée comme un enjeu de développement pour l’ensemble du Kasaï-Central.

Un appel à une solution transitoire

Face à cette situation, les commerçants demandent au gouvernement central de ne pas attendre uniquement la relance complète de Congo Airways. Ils plaident également pour la mise en place d’un mécanisme temporaire permettant de réduire les effets de l’absence de la compagnie nationale.

L’objectif serait notamment de faciliter les déplacements des opérateurs économiques, d’améliorer l’approvisionnement de la province et de contribuer à la stabilisation des coûts liés au transport.

Au-delà de la seule question de Congo Airways, les acteurs économiques du Kasaï-Central souhaitent voir les autorités s’attaquer plus largement au problème de l’accessibilité de la province.

Kananga face au défi du désenclavement

Pour les commerçants, la relance du transport aérien constitue l’une des réponses susceptibles de contribuer au désenclavement économique de Kananga. Une meilleure connectivité avec les principaux pôles économiques de la RDC permettrait, selon eux, de fluidifier les échanges et de créer un environnement plus favorable aux activités commerciales.

Les opérateurs économiques appellent ainsi le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour éviter que les difficultés de mobilité ne continuent à freiner l’activité économique provinciale.

Alors que Congo Airways demeure au centre des attentes, le débat dépasse désormais la seule reprise des vols. Pour les commerçants de Kananga, le désenclavement du Kasaï-Central est devenu une urgence économique, dont dépend en partie la capacité de la province à renforcer ses échanges, soutenir les entreprises locales et préserver le pouvoir d’achat de ses habitants.

Par Gilbert KABONGO

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