Kasaï : Jacquemain Shabani veut ancrer la nouvelle gouvernance sécuritaire au plus près des communautés

À Tshikapa, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur a lancé la vulgarisation des textes qui encadrent les comités provinciaux et locaux de sécurité. Une étape présentée comme un tournant vers une gouvernance sécuritaire davantage fondée sur la proximité et la participation des communautés.

Tshikapa, 2 octobre 2026. Le gouvernement congolais poursuit son déploiement de la nouvelle gouvernance sécuritaire à travers les provinces. Après le Kasaï-Oriental et le Kasaï-Central, le Kasaï est devenu, vendredi 2 octobre, la quatorzième province à accueillir la campagne de vulgarisation des textes légaux relatifs à la création, à l’organisation et au fonctionnement des comités provinciaux et locaux de sécurité.

À Tshikapa, le coup d’envoi a été donné par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango. Cette étape intervient après un atelier de trois jours consacré au renforcement des capacités d’environ 1 000 autorités territoriales.

Faire connaître les nouvelles règles de fonctionnement

Au cœur de cette démarche figure la volonté de permettre aux responsables administratifs et aux différents acteurs concernés de mieux maîtriser les textes qui régissent les comités de sécurité.

Ces structures sont appelées à devenir des espaces réguliers de concertation entre les autorités politico-administratives, les services de sécurité et les représentants de la société. Leur rôle consiste notamment à identifier les menaces propres à chaque entité, à les analyser et à rechercher des réponses adaptées aux réalités locales.

La réforme prévoit notamment le caractère régulier des réunions des comités de sécurité. L’objectif affiché par le ministère de l’Intérieur est ainsi de faire de la prévention et de l’anticipation des risques sécuritaires des responsabilités partagées entre les institutions et les communautés.

La société civile appelée à prendre sa place

À Tshikapa, Jacquemain Shabani a également insisté sur la participation des acteurs non étatiques. La société civile, les mouvements associatifs, les organisations professionnelles ainsi que d’autres composantes de la communauté sont appelés à participer aux discussions sur les questions de sécurité.

Cette participation doit notamment passer par l’élargissement des réunions des comités de sécurité et par la tenue de forums au niveau des quartiers et des groupements.

L’approche entend ainsi rapprocher les mécanismes de prévention de l’insécurité des réalités vécues quotidiennement par les populations. Dans cette logique, les alertes et préoccupations locales doivent pouvoir remonter jusqu’aux autorités compétentes à travers des cadres de concertation structurés.

Une réforme déployée progressivement à travers le pays

La campagne menée dans le Kasaï s’inscrit dans une opération plus large engagée par le ministère de l’Intérieur. À Mbuji-Mayi, lors d’une précédente étape, le ministère avait indiqué que 5 636 acteurs étatiques et non étatiques avaient déjà bénéficié de formations et de renforcements de capacités en matière de gouvernance sécuritaire.

Le dispositif concerne notamment les comités provinciaux de sécurité, les comités locaux de sécurité des villes, les territoires, les secteurs et les chefferies, avec la participation de responsables administratifs, de chefs locaux et d’acteurs de la société civile.

Selon le ministère, l’objectif est de poursuivre cette démarche jusqu’à sa généralisation dans les différentes entités du pays.

Du contrôle sécuritaire à la concertation locale

Derrière cette réforme se trouve une évolution dans la manière d’aborder les questions de sécurité au niveau local. Les autorités veulent renforcer les mécanismes permettant de détecter les problèmes en amont, d’en discuter avec les acteurs concernés et de construire des réponses adaptées au contexte de chaque territoire.

Au Kasaï, province confrontée comme d’autres régions du pays à des défis liés à la sécurité et à la cohésion sociale, cette approche place donc les autorités locales et les communautés au centre du dispositif.

Pour le ministère de l’Intérieur, les comités de sécurité doivent constituer des cadres où les différents acteurs peuvent confronter leurs informations, analyser les menaces et coordonner leurs interventions.

Une appropriation qui reste déterminante

Le lancement de la vulgarisation constitue toutefois une première étape. La mise en œuvre effective de la réforme dépendra de l’appropriation des textes par les autorités locales et de la régularité des cadres de concertation prévus.

À Tshikapa, le message porté par Jacquemain Shabani est donc double : faire connaître les nouvelles règles et encourager leur application sur le terrain. La réussite du dispositif reposera notamment sur la capacité des structures locales à fonctionner régulièrement et à associer les communautés aux questions qui concernent directement leur sécurité.

Avec l’étape du Kasaï, le ministère de l’Intérieur poursuit ainsi son itinérance consacrée à la gouvernance sécuritaire de proximité, avec l’ambition affichée de rapprocher davantage les institutions, les services de sécurité et les citoyens dans la prévention et la gestion des menaces

REDACTION

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