
Kananga, 11 octobre 2026 – Et si le Kasaï-Central transformait son potentiel agricole en un véritable levier de croissance économique et d’intégration régionale avec l’Angola ? Alors que la route Kananga–Kalamba-Mbuji ouvre de nouvelles perspectives de circulation des personnes et des marchandises, la question de la valorisation des terres agricoles de la province revient au cœur des ambitions de développement local.

C’est dans cette perspective que le député provincial Faustin Yanda, élu de Luiza, a pris l’initiative de créer la coopérative Kimshalapende Agro, une structure spécialisée dans l’agriculture durable, appelée à contribuer à la modernisation du secteur agricole et à la transformation des opportunités économiques du Kasaï-Central.
Basée à Ndesha, dans la ville de Kananga, la coopérative est dirigée par Rachel Kabambi. Elle a officiellement lancé ses activités ce dimanche 11 octobre 2026, au cours d’une cérémonie présidée par le ministre provincial de l’Agriculture, Toto Kabuayi.
L’agriculture, un pari sur l’avenir économique du Kasaï-Central
Au-delà de la création d’une nouvelle structure agricole, l’initiative portée par Faustin Yanda traduit une ambition plus large : faire de l’agriculture un moteur de développement, de création d’emplois et de réduction de la dépendance aux produits alimentaires provenant d’autres provinces ou de l’étranger.
Le Kasaï-Central dispose d’atouts agricoles susceptibles de soutenir une production diversifiée. Mais pour transformer ce potentiel en richesse, plusieurs défis demeurent : la modernisation des techniques de production, l’accès aux intrants, l’encadrement des producteurs, les capacités de stockage ainsi que l’écoulement des récoltes vers les centres de consommation.
C’est précisément sur ces enjeux que la coopérative Kimshalapende Agro entend inscrire son action. En misant sur une agriculture durable, elle ambitionne de contribuer à l’amélioration des rendements et à la structuration des activités agricoles, tout en ouvrant des perspectives économiques aux populations rurales.
L’enjeu est de taille : faire en sorte que l’agriculture ne soit plus uniquement une activité de subsistance, mais qu’elle devienne également une source de revenus réguliers pour les producteurs et un secteur capable de soutenir l’économie provinciale.
Kananga–Kalamba-Mbuji : une route, des opportunités commerciales
L’ouverture de la route Kananga–Kalamba-Mbuji constitue un élément central de cette ambition. En améliorant les possibilités de liaison entre le Kasaï-Central et la frontière angolaise, cet axe est susceptible de faciliter les échanges commerciaux et de rapprocher les bassins de production des marchés potentiels.
Pour les initiateurs de Kimshalapende Agro, cette infrastructure représente donc bien davantage qu’un ouvrage routier. Elle pourrait devenir un instrument de valorisation de la production agricole locale, à condition que les producteurs soient capables de fournir des quantités suffisantes, des produits de qualité et des marchandises disponibles au moment opportun.
Le défi consiste désormais à préparer l’offre agricole provinciale à cette ouverture. Les agriculteurs devront pouvoir organiser leur production, mutualiser certains moyens, améliorer la conservation des récoltes et développer des circuits de commercialisation adaptés aux exigences des marchés.
Dans cette perspective, l’Angola apparaît comme un débouché potentiel pour les produits agricoles du Kasaï-Central. La proximité géographique et l’amélioration des liaisons routières pourraient favoriser les échanges, sous réserve des conditions commerciales, douanières et logistiques applicables.
De la production locale à l’exportation : le défi de la compétitivité
La possibilité de commercialiser les produits agricoles congolais au-delà des frontières pose néanmoins une question fondamentale : le Kasaï-Central sera-t-il en mesure de produire suffisamment pour répondre à la demande locale tout en approvisionnant des marchés extérieurs ?
Pour relever ce défi, la création de coopératives peut jouer un rôle important. En regroupant les producteurs autour d’objectifs communs, ces structures peuvent faciliter la planification des cultures, la mise en commun des ressources et la négociation avec les acheteurs.
Kimshalapende Agro devra ainsi transformer ses ambitions en résultats concrets, notamment à travers l’accompagnement des exploitants, la recherche de débouchés commerciaux et la mise en place de mécanismes permettant de garantir la régularité de l’approvisionnement.
La compétitivité dépendra également de la capacité à limiter les pertes après récolte, à maîtriser les coûts de transport et à proposer des prix susceptibles de soutenir la rémunération des agriculteurs tout en restant attractifs pour les acheteurs.
L’accès au marché angolais ne sera donc pas automatique. Il nécessitera une organisation rigoureuse de la chaîne de valeur agricole et une bonne connaissance des exigences du commerce transfrontalier.
L’emploi rural au cœur des ambitions
Au-delà des perspectives d’exportation, la coopérative affiche également une ambition sociale : contribuer à la création d’emplois et au renforcement de la sécurité alimentaire.
Dans les milieux ruraux, le développement d’activités agricoles structurées peut offrir des possibilités de revenus aux jeunes et aux femmes, tout en stimulant les activités connexes, notamment le transport, le stockage, la transformation des produits et leur commercialisation.
Une agriculture plus productive peut également contribuer à améliorer la disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés locaux. Mais cet objectif suppose que l’augmentation des ventes à l’extérieur s’accompagne d’une production suffisante pour répondre aux besoins des ménages de la province.
L’équilibre entre approvisionnement local et exportation constituera ainsi l’un des enjeux de la stratégie agricole que Kimshalapende Agro entend promouvoir.
Un lancement placé sous le signe des attentes
La présence du ministre provincial de l’Agriculture, Toto Kabuayi, lors du lancement officiel des activités témoigne de l’importance accordée à cette initiative dans le paysage agricole provincial. Elle intervient dans un contexte où la valorisation des ressources locales et la diversification de l’économie restent des priorités pour les territoires disposant d’un potentiel agricole important.
Pour Faustin Yanda, élu de Luiza et initiateur du projet, l’ambition est de contribuer à faire émerger un modèle agricole davantage tourné vers la production durable, la création de richesse et l’ouverture commerciale.
La direction de Rachel Kabambi aura désormais la responsabilité de traduire cette ambition en actions concrètes et de donner à la coopérative les moyens de ses objectifs.
Le lancement du 11 octobre marque ainsi une première étape. La réussite de Kimshalapende Agro se mesurera, à terme, à sa capacité à mobiliser les producteurs, à développer la production, à générer des emplois et à créer des débouchés commerciaux durables.
Le Kasaï-Central face à une occasion stratégique
Avec la route Kananga–Kalamba-Mbuji et les perspectives de rapprochement avec le marché angolais, le Kasaï-Central dispose d’une occasion de mieux valoriser ses ressources agricoles. Mais une infrastructure, à elle seule, ne suffit pas à créer une économie agricole compétitive.
Il faudra des investissements, un accompagnement technique des producteurs, des infrastructures de conservation, une logistique efficace et des partenariats commerciaux solides.
La coopérative Kimshalapende Agro entend prendre part à cette dynamique. Son ambition est claire : contribuer à faire de l’agriculture un secteur capable de nourrir la population, de soutenir les revenus ruraux et d’ouvrir de nouvelles perspectives commerciales au-delà des frontières provinciales et nationales.
Reste désormais à transformer cette vision en résultats mesurables. Car pour le Kasaï-Central, la véritable réussite ne sera pas seulement de disposer d’une route vers l’Angola, mais de pouvoir y acheminer des produits agricoles compétitifs, issus d’une production organisée et durable.
Gilbert KABONGO