RDC – Kasaï Central : face au FRN de Joseph Kabila, l’Assemblée provinciale fait bloc derrière Félix Tshisekedi

À Kananga, les députés provinciaux du Kasaï Central ont fermement condamné, mercredi 21 octobre 2026, la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), qu’ils présentent comme une menace pour la stabilité des institutions et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Réunis en plénière sous la conduite de leur président, Guy Sabangu Kashala, ils ont renouvelé leur soutien au chef de l’État, aux FARDC et aux combattants Wazalendo, tout en appelant la population à la vigilance.

Une condamnation politique sans équivoque

Le ton est ferme et le message politique sans ambiguïté. L’Assemblée provinciale du Kasaï Central a exprimé, mercredi 21 octobre, son opposition à la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement présenté dans la déclaration de l’institution comme une entreprise susceptible de fragiliser la République démocratique du Congo.

C’est à l’occasion d’une séance plénière organisée dans la salle du Capitole, siège de l’organe délibérant provincial à Kananga, que cette position a été rendue publique. Par la voix de son président, l’honorable Guy Sabangu Kashala, le bureau de l’Assemblée provinciale a dénoncé une initiative qu’il assimile à une manœuvre de déstabilisation nationale.

Dans sa déclaration politique, l’institution va plus loin en qualifiant cette démarche d’acte de haute trahison contre la nation congolaise. Une prise de position qui traduit la préoccupation des autorités provinciales face aux tensions politiques et sécuritaires qui traversent le pays.

Au-delà de la condamnation du mouvement, les députés provinciaux entendent réaffirmer leur attachement à l’ordre constitutionnel, à la souveraineté nationale et à la stabilité des institutions de la République.

Félix Tshisekedi au centre du message politique

Dans un contexte national marqué par les débats autour du Front pour la refondation de la nation, l’Assemblée provinciale du Kasaï Central a renouvelé son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

L’institution a exprimé son appui au chef de l’État, qu’elle considère comme le garant des institutions de la République et le commandant suprême des Forces armées de la RDC.

Cette déclaration intervient alors que la question du positionnement politique de l’ancien président Joseph Kabila et les initiatives qui lui sont attribuées alimentent les discussions dans plusieurs milieux politiques congolais.

Pour les députés provinciaux du Kasaï Central, la priorité demeure la préservation de l’unité nationale et la défense de l’intégrité territoriale. Leur prise de position vise ainsi à afficher une cohésion institutionnelle face à ce qu’ils considèrent comme un risque pour la stabilité du pays.

Toutefois, les accusations formulées dans cette déclaration relèvent de la position politique de l’Assemblée provinciale. Leur éventuelle qualification juridique demeure du ressort des autorités judiciaires compétentes.

FARDC et Wazalendo : un soutien renouvelé

La déclaration de l’Assemblée provinciale ne se limite pas au soutien politique au président de la République. Elle s’étend également aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux combattants Wazalendo et aux différents services de sécurité engagés dans la défense du territoire national.

En renouvelant son soutien à ces forces, l’institution provinciale souligne l’importance qu’elle accorde à la protection de la souveraineté congolaise face aux menaces sécuritaires.

Ce positionnement s’inscrit dans un contexte où la situation dans l’Est du pays continue de placer les questions de défense, de sécurité et d’unité nationale au cœur du débat public.

Pour les élus du Kasaï Central, la défense de la République ne relève pas uniquement des forces engagées sur le terrain. Elle suppose également, selon leur déclaration, une mobilisation citoyenne autour des institutions et le rejet de toute initiative susceptible d’alimenter les divisions.

Le souvenir douloureux du phénomène Kamuina Nsapu

L’appel à la vigilance lancé par l’Assemblée provinciale revêt une signification particulière dans une province qui garde le souvenir des violences liées au phénomène Kamuina Nsapu.

La crise, qui a profondément marqué le Kasaï Central et plusieurs autres territoires du centre de la RDC, a laissé derrière elle un lourd bilan humain et des conséquences sociales durables.

En évoquant cette expérience, les députés provinciaux rappellent la fragilité de la paix et les conséquences que peuvent entraîner les crises politico-sécuritaires sur les populations civiles.

L’institution appelle ainsi les habitants à faire preuve de discernement, à préserver la cohésion sociale et à ne pas céder aux manipulations susceptibles de compromettre la stabilité de la province et du pays.

Le message s’adresse à l’ensemble de la population, dans un contexte où les discours politiques et les initiatives de mobilisation peuvent susciter des réactions diverses au sein de l’opinion publique.

Pour les élus provinciaux, la prévention des tensions passe notamment par la vigilance citoyenne, le respect des institutions et la préservation du vivre-ensemble.

L’Assemblée demande des poursuites judiciaires

Autre point important de la déclaration : l’appel adressé au gouvernement central pour que toute la lumière soit faite sur la création du FRN.

L’Assemblée provinciale souhaite que les autorités compétentes examinent cette affaire et que les personnes présumées responsables, si les faits sont établis, soient traduites devant les juridictions compétentes.

Dans sa déclaration, l’institution assimile cette initiative à une entreprise de rébellion. Une accusation particulièrement grave qui, si elle devait faire l’objet d’une procédure judiciaire, nécessiterait l’établissement des faits et leur qualification conformément aux lois de la République.

Cette demande traduit la volonté affichée des élus du Kasaï Central de voir les autorités nationales apporter une réponse institutionnelle à une affaire qu’ils jugent préoccupante.

Elle pose également la question de la gestion des contestations et des initiatives politiques dans un pays où les tensions sécuritaires et les rivalités politiques continuent de peser sur le fonctionnement des institutions.

Le calendrier budgétaire adopté en plénière

Au-delà de cette déclaration politique, la séance du mercredi 21 octobre a également été consacrée à des questions relevant du fonctionnement ordinaire de l’Assemblée provinciale.

Les députés ont notamment examiné et adopté le calendrier budgétaire de la session ordinaire de septembre, un document qui doit organiser les priorités de travail de l’institution.

Ce calendrier couvre plusieurs catégories de matières parlementaires : les arriérés législatifs, les nouvelles matières législatives, les questions liées au contrôle parlementaire, les arriérés de contrôle, les nouvelles matières de contrôle ainsi que les matières connexes.

L’adoption de ce programme constitue une étape importante dans l’organisation des travaux de l’organe délibérant provincial. Elle doit permettre aux élus de planifier l’examen des dossiers inscrits à leur agenda et d’assurer le suivi des questions relevant de leurs prérogatives.

Selon les informations communiquées, plus de 29 députés provinciaux ont pris part à cette séance tenue dans la salle du Capitole, à Kananga.

Entre sécurité nationale et responsabilités parlementaires

La plénière du 21 octobre aura ainsi été marquée par deux enjeux distincts, mais importants pour la vie institutionnelle du Kasaï Central : la prise de position politique sur la création du FRN et l’organisation du travail parlementaire autour du calendrier budgétaire.

D’un côté, l’Assemblée provinciale affiche son soutien à Félix Tshisekedi et aux forces engagées dans la défense du territoire national. De l’autre, elle poursuit la programmation de ses activités législatives et de contrôle.

Cette double séquence illustre la place qu’occupent les questions de sécurité et de stabilité politique dans le débat institutionnel congolais.

Pour le Kasaï Central, dont la mémoire collective reste marquée par les violences du phénomène Kamuina Nsapu, l’appel à la vigilance lancé par les élus revêt une portée particulière.

Reste désormais à voir quelles suites les autorités nationales réserveront aux préoccupations exprimées par l’Assemblée provinciale. En attendant, le message de Kananga est clair : les élus provinciaux entendent défendre la stabilité des institutions, soutenir le chef de l’État et appeler la population à préserver la paix et l’unité nationale.

Rédaction – Alertenews.cd

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