Haut- Katanga : Pollution des Eaux à Lubumbashi, Quatre ONG Exigent des Réparations un An Après le Déversement des Eaux Usées de CDM

Un an après le déversement de plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées chargées en métaux lourds dans plusieurs quartiers de Lubumbashi, la question des réparations reste au cœur des préoccupations. L’Institut de recherche en droits humains (IRDH), Meda Mapendo, Horizon Kasapa et Action pour la Justice et les Droits Humains (AJD) dénoncent la lenteur de la mise en œuvre des mesures annoncées et réclament des comptes à Congo Dongfang International Mining (CDM).

À Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, les conséquences de la pollution des eaux sur les populations riveraines continuent de susciter des inquiétudes. Un an après le déversement massif d’eaux usées attribué aux installations de Congo Dongfang International Mining (CDM), quatre organisations de défense des droits humains montent au créneau pour dénoncer le retard pris dans l’exécution des mesures de réparation.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 29 octobre 2026, l’IRDH, Meda Mapendo, Horizon Kasapa et AJD appellent à une mise en œuvre effective des engagements pris à la suite de cet incident environnemental, qui a touché plusieurs quartiers de la capitale cuprifère du Haut-Katanga.

Au centre de leurs préoccupations : la publication du rapport officiel d’évaluation des dégâts, l’indemnisation des victimes et la réalisation des réparations collectives destinées aux communautés affectées.

Plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées déversés

Selon les informations relayées par ces organisations, plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées chargées en métaux lourds se seraient déversés dans les quartiers Kasapa, Kamatele et Kamisepe, à Lubumbashi.

Cet épisode a ravivé les inquiétudes relatives à la protection de l’environnement et aux risques auxquels peuvent être exposées les populations vivant à proximité des zones d’activité minière et industrielle.

Dans une province où l’exploitation du cuivre et du cobalt occupe une place centrale dans l’économie, la gestion des rejets industriels représente un enjeu majeur de santé publique, de gouvernance environnementale et de protection des droits des communautés locales.

Pour les quatre organisations signataires, l’enjeu ne consiste donc plus uniquement à constater l’ampleur de la pollution. Il s’agit désormais de garantir que les conséquences de cet événement soient évaluées de manière transparente et que les personnes affectées bénéficient de réparations appropriées.

Six millions de dollars de réparations collectives réclamés

Les organisations de défense des droits humains demandent notamment l’exécution de réparations collectives évaluées à 6 millions de dollars américains, ainsi que le versement d’indemnisations individuelles estimées à 682 067 dollars américains.

Ces montants constituent, selon les revendications présentées, une composante essentielle du processus de réparation en faveur des communautés concernées.

Les réparations collectives sont particulièrement importantes dans un contexte où les conséquences d’une pollution peuvent dépasser les seuls préjudices individuels. Elles peuvent notamment concerner l’accès à l’eau potable, les besoins sanitaires et les mesures destinées à améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

Toutefois, la concrétisation de ces engagements suppose une clarification des responsabilités, une évaluation documentée des dommages et un mécanisme de suivi permettant de vérifier l’effectivité des mesures annoncées.

Les ONG insistent également sur la nécessité de rendre public le rapport officiel d’évaluation des dégâts. Pour elles, la transparence constitue une condition essentielle pour permettre aux communautés concernées de comprendre l’étendue des dommages et de suivre le processus de réparation.

La reprise des activités de CDM soulève des interrogations

Au-delà des indemnisations, les organisations expriment leur préoccupation face à la reprise des activités minières de CDM sans communication publique suffisante sur les raisons ayant conduit à la levée de la suspension.

L’IRDH, par l’intermédiaire de son coordonnateur, Maître Hubert Tshiswaka, déplore cette situation et appelle à davantage de transparence dans la gestion du dossier.

La question est sensible : la reprise des activités d’une entreprise concernée par un incident environnemental devrait s’accompagner d’une information claire sur les conditions imposées, les mesures correctives mises en œuvre et les garanties destinées à prévenir la répétition de tels événements.

Pour les défenseurs des droits humains, le respect des obligations environnementales ne saurait être dissocié de la protection de la santé et des droits des populations vivant autour des installations industrielles.

Les quatre organisations réclament ainsi le respect des conditions imposées à Congo Dongfang International Mining pour la reprise de ses activités.

Il reste toutefois nécessaire que les autorités compétentes précisent publiquement les conditions de cette reprise et l’état d’exécution des mesures correctives, afin de permettre une appréciation complète de la situation.

Santé, eau potable et réparation des préjudices au cœur des revendications

Dans les quartiers concernés, les préoccupations dépassent la seule dimension financière. L’accès à l’eau potable, la protection de la santé et la réparation des préjudices subis figurent parmi les principales attentes exprimées par les organisations.

Une pollution impliquant des eaux chargées en métaux lourds soulève en effet des questions qui nécessitent une évaluation scientifique rigoureuse. Il importe notamment de déterminer les zones affectées, de mesurer les éventuelles conséquences sanitaires et environnementales et de mettre en place, si nécessaire, un dispositif de surveillance à long terme.

Dans cette perspective, la publication des conclusions des évaluations officielles apparaît comme une étape importante pour éclairer les populations et orienter les mesures de prévention et de réparation.

La crédibilité du processus dépendra également de la capacité des autorités, de l’entreprise concernée et des autres parties prenantes à communiquer sur les engagements pris et les résultats effectivement obtenus.

Un rendez-vous annoncé pour le 4 novembre

Afin de maintenir la pression sur ce dossier, les quatre organisations annoncent une commémoration le 4 novembre prochain. Cette initiative doit notamment permettre d’évaluer les engagements pris et d’identifier les mesures qui restent à exécuter.

Les questions de santé, d’accès à l’eau potable et de réparation des préjudices subis par les populations riveraines devraient occuper une place centrale dans cette démarche.

Cette échéance sera également l’occasion de rappeler que les conséquences d’un incident environnemental ne disparaissent pas automatiquement avec la reprise des activités économiques. Pour les communautés affectées, le retour à une situation normale suppose des garanties concrètes, un suivi rigoureux et des réparations adaptées aux dommages établis.

La responsabilité environnementale à l’épreuve dans le Haut-Katanga

L’affaire CDM remet sur la table une question fondamentale pour la gouvernance du secteur minier en République démocratique du Congo : comment concilier l’exploitation des ressources naturelles avec la protection de l’environnement et les droits des communautés locales ?

Dans le Haut-Katanga, où les activités minières et industrielles contribuent fortement à l’économie provinciale, la prévention des pollutions et la gestion transparente des incidents environnementaux constituent des enjeux majeurs.

La situation de Lubumbashi rappelle notamment l’importance des mécanismes de contrôle, de la publication des évaluations environnementales et de l’application effective des mesures correctives imposées aux entreprises.

Pour les quatre organisations mobilisées, le dossier ne saurait être considéré comme clos tant que les engagements de réparation ne seront pas suffisamment clarifiés et exécutés.

Un an après la pollution dénoncée, l’attente porte désormais sur des actes concrets : la transparence sur les dégâts, la prise en charge des préjudices et la garantie que les populations riveraines ne resteront pas seules face aux conséquences de cet incident.

Le 4 novembre prochain pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans cette mobilisation, alors que les organisations de défense des droits humains entendent maintenir la question des réparations au centre du débat public.

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