KASAÏ CENTRAL : L’OR DE LUIZA au Cœur d’une Interpellation Parlementaire, le Ministre ANTOINE NTAMBUE Attendu au Tournant

La gestion des ressources aurifères de Luiza s’invite au centre du débat politique au Kasaï Central. Attendu à l’Assemblée provinciale pour répondre aux préoccupations soulevées par le député provincial Joseph Nkashama Kayombo, le ministre provincial des Mines, Antoine Ntambue, devra apporter des éclaircissements sur les recettes minières, leur répartition et le respect des engagements envers les communautés locales. Un dossier qui remet au premier plan les exigences de transparence et de redevabilité dans la gouvernance des ressources naturelles.

Le secteur minier du Kasaï Central est désormais sous le regard attentif de l’Assemblée provinciale. À Luiza, territoire présenté comme un potentiel pôle aurifère de la province, la question de la gestion de l’or dépasse le seul cadre de l’exploitation minière pour rejoindre celui, plus sensible, des finances publiques, du contrôle institutionnel et des retombées économiques au bénéfice des populations.

C’est dans ce contexte que le ministre provincial des Mines, Antoine Ntambue, est attendu devant les élus provinciaux afin de répondre à une interpellation initiée par le député Joseph Nkashama Kayombo. Au cœur de cette démarche parlementaire : des interrogations sur la transparence dans la gestion des ressources minières et sur la part des revenus qui revient effectivement à la province ainsi qu’aux entités territoriales décentralisées.

Selon les éléments communiqués au sujet de cette procédure, les députés provinciaux ont largement soutenu la poursuite de la démarche lors du vote en plénière. Une étape qui ouvre la voie à des explications attendues de la part du responsable provincial du secteur minier.

Luiza, l’or et la question des revenus miniers

Derrière cette interpellation se trouve une préoccupation fondamentale : celle de savoir ce que rapporte réellement l’exploitation aurifère à Luiza et dans quelle mesure ces richesses contribuent au développement du Kasaï Central.

Pour les élus qui réclament davantage de clarté, l’existence de ressources naturelles ne saurait constituer une fin en soi. Encore faut-il que leur exploitation génère des recettes identifiables, que les mécanismes de perception soient respectés et que les revenus dus aux institutions publiques soient établis de manière transparente.

Le député provincial Joseph Nkashama Kayombo souhaite ainsi obtenir des réponses précises sur les recettes générées par l’exploitation minière dans cette partie de la province.

Combien l’exploitation de l’or rapporte-t-elle effectivement ? Quels mécanismes permettent de retracer les sommes perçues ? Quelle part revient au gouvernement provincial et aux entités territoriales décentralisées concernées ?

Autant de questions auxquelles le ministre provincial des Mines devrait apporter des éclaircissements dans le cadre de cet exercice de contrôle parlementaire.

Au-delà des chiffres, les élus entendent également comprendre si les mécanismes de contrôle et de suivi des activités minières permettent à l’État de disposer d’une vision suffisamment précise des opérations menées sur le terrain.

La répartition des recettes, un enjeu majeur pour les entités locales

La question du partage des revenus miniers constitue l’un des principaux points d’attention de cette interpellation.

Dans les territoires où les ressources naturelles sont exploitées, les populations attendent généralement des retombées concrètes : amélioration des infrastructures, accès aux services sociaux de base, développement des activités économiques et création d’emplois.

Or, lorsque les recettes minières sont difficiles à retracer ou que leur répartition manque de lisibilité, les interrogations sur la gouvernance et la redistribution des richesses deviennent inévitables.

À Luiza, l’enjeu consiste donc à déterminer les revenus effectivement générés par l’exploitation de l’or, les montants légalement dus aux différentes institutions et les mécanismes permettant d’en assurer le suivi.

Pour l’Assemblée provinciale, l’interpellation doit permettre de confronter les préoccupations soulevées aux explications de l’administration provinciale compétente.

Il appartiendra notamment au ministre Antoine Ntambue de présenter les éléments disponibles sur le fonctionnement du secteur, les mécanismes de perception des recettes et les dispositifs de contrôle applicables aux exploitants.

L’objectif est de permettre aux représentants provinciaux d’apprécier le niveau de transparence de la gestion minière et, le cas échéant, d’identifier les mesures correctives nécessaires.

Cahiers des charges et indemnisations : les communautés locales au centre des préoccupations

L’autre dimension importante de ce dossier concerne les engagements des opérateurs miniers envers les communautés locales.

Au-delà des recettes fiscales et des revenus publics, l’exploitation des ressources naturelles soulève la question du respect des obligations sociales et des engagements pris envers les populations vivant dans les zones concernées.

Les élus souhaitent notamment obtenir des éclaircissements sur les cahiers des charges et les indemnisations éventuellement dues aux communautés affectées par les activités minières.

Ces préoccupations renvoient à une question essentielle : les populations qui vivent à proximité des zones d’exploitation bénéficient-elles réellement des retombées économiques de leurs ressources naturelles ?

La réponse nécessite des informations précises sur les engagements souscrits, leur état d’exécution, les éventuelles compensations prévues et les mécanismes de suivi mis en place par les services compétents.

Il serait toutefois prématuré de conclure à des manquements sans disposer des documents justificatifs et des explications des parties concernées. C’est précisément l’intérêt de la démarche parlementaire : obtenir des informations vérifiables et permettre aux institutions compétentes d’établir les faits.

Des soupçons qui appellent des clarifications officielles

Le dossier de Luiza est également associé, dans les préoccupations rapportées par les initiateurs de l’interpellation, à des soupçons concernant les conditions d’exploitation de certaines zones minières.

Des interrogations ont notamment été soulevées au sujet du contrôle exercé par les services de l’État, de la régularité des documents utilisés par certains exploitants et de possibles irrégularités dans la perception des recettes.

Ces allégations, qui nécessitent des vérifications indépendantes, ne sauraient être considérées comme des faits établis en l’absence de preuves et de conclusions des autorités compétentes.

Elles renforcent néanmoins la nécessité de clarifier les responsabilités, de vérifier la conformité des activités minières aux règles en vigueur et de garantir la traçabilité des revenus issus de l’exploitation aurifère.

La réponse du ministre provincial des Mines est donc attendue sur le terrain des faits, des chiffres et des documents administratifs.

Les élus provinciaux devront notamment pouvoir apprécier les mesures de contrôle mises en œuvre, les éventuelles difficultés rencontrées par les services techniques et les dispositions envisagées pour renforcer la gouvernance du secteur.

Antoine Ntambue face à l’exigence de redevabilité

Originaire de Luiza, selon les informations communiquées dans le dossier, Antoine Ntambue se retrouve au centre d’un débat qui touche directement à la gestion des ressources naturelles de sa province.

Cette origine ne constitue pas, en elle-même, un élément à charge. L’enjeu institutionnel est ailleurs : en sa qualité de ministre provincial des Mines, il est appelé à fournir les explications relevant de ses attributions et à répondre aux préoccupations exprimées par les représentants élus.

L’interpellation ne doit donc pas être confondue avec une condamnation préalable ou une mise en cause personnelle définitive.

Dans une démocratie, le contrôle parlementaire constitue un mécanisme normal de fonctionnement des institutions. Il permet aux élus de demander des comptes aux membres du gouvernement provincial, d’examiner les politiques publiques et de rechercher des réponses aux préoccupations de la population.

Pour Antoine Ntambue, cette démarche représente ainsi l’occasion de présenter les données disponibles sur l’exploitation aurifère à Luiza, de clarifier les mécanismes de gestion des recettes et d’exposer les actions entreprises pour assurer le respect des règles applicables au secteur minier.

Au-delà de Luiza, la crédibilité de la gouvernance minière en question

Cette affaire pose une interrogation plus large sur la capacité des institutions provinciales à transformer les ressources naturelles en véritables leviers de développement.

L’exploitation de l’or ne peut durablement profiter à une province que si elle s’accompagne d’une administration efficace, d’un contrôle rigoureux des opérateurs, d’une perception régulière des recettes et d’une redistribution conforme aux dispositions légales.

Pour le Kasaï Central, la transparence des revenus miniers constitue donc un enjeu économique, politique et social.

La population est en droit d’attendre des informations claires sur les richesses exploitées sur son territoire, tandis que les institutions ont la responsabilité de veiller à ce que les activités minières s’inscrivent dans le respect de la loi et des engagements envers les communautés.

L’interpellation du ministre provincial des Mines pourrait ainsi constituer une étape importante dans la recherche de réponses sur la gestion de l’or de Luiza.

Reste désormais à connaître les explications qui seront présentées devant l’Assemblée provinciale et les éventuelles suites institutionnelles de cette procédure.

À Luiza, la question n’est plus seulement de savoir si l’or est exploité, mais aussi de déterminer ce qu’il rapporte, comment les revenus sont gérés et quelles retombées concrètes en découlent pour les populations. C’est à cette exigence de transparence que le ministre Antoine Ntambue est désormais appelé à répondre devant les élus du Kasaï Central.

Par Gilbert KABONGO

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