RDC/Changement constitutionnel :« Ville morte » à Kinshasa : l’opposition radicalise le bras de fer contre Tshisekedi et décrète une journée ville morte le 03 juin 2026

L’opposition congolaise a annoncé une journée « ville morte » à Kinshasa pour le mercredi 3 juin, accusant le président Félix Tshisekedi de mener une « rébellion contre la Constitution » et d’avoir « partagé la gestion du pays » avec Paul Kagame.

Cette initiative marque une nouvelle étape dans la confrontation entre l’opposition et le pouvoir autour du projet de révision constitutionnelle en RDC. Selon plusieurs leaders de l’opposition, le projet de réforme constitutionnelle ouvrirait indirectement la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel, ce que la Constitution congolaise actuelle interdit. Ils dénoncent également le contexte sécuritaire dans l’Est du pays, notamment la guerre contre l’AFC/M23, estimant qu’un débat constitutionnel dans ces conditions menace l’unité nationale.

Cette montée de tension intervient après le boycott par le groupe parlementaire d’opposition « Ensemble » des débats à l’Assemblée nationale sur une proposition de loi liée à l’organisation d’un référendum. Le président de l’Assemblée, Aimé Boji, avait minimisé ce boycott en affirmant que « si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de sortir de la plénière ».

Le climat politique en RDC rappelle les fortes tensions institutionnelles observées durant la fin du mandat de Joseph Kabila entre 2016 et 2018, période marquée par des manifestations, des appels à des journées « villes mortes » et des affrontements liés aux reports électoraux. L’opposition, réunie au sein de plateformes comme le « C64 », multiplie désormais les appels à la mobilisation populaire afin de bloquer toute réforme jugée anticonstitutionnelle.

Martin Fayulu figure parmi les voix les plus critiques, affirmant que le problème du pays réside moins dans la Constitution que dans son non-respect. Pour l’instant, le pouvoir congolais continue de défendre l’idée d’une réforme institutionnelle sans reconnaître officiellement une volonté de modifier la limitation des mandats présidentiels.

joseph Malaba

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