
Après les dégâts causés par les intempéries, le président de l’Assemblée provinciale a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la qualité des travaux réalisés dans cet édifice emblématique de Kananga. Entre toiture endommagée, salle inachevée et cuves abandonnées, l’état du complexe soulève de sérieuses interrogations.

KANANGA — Le complexe scolaire La Renaissance, anciennement connu sous le nom d’Athénée Royal, est au cœur des préoccupations des autorités provinciales du Kasaï Central. Au lendemain des fortes pluies accompagnées de vents violents qui ont frappé Kananga, cet édifice situé dans le quartier Kamayi Athènes présente des signes de dégradation qui suscitent l’inquiétude des responsables politiques.
Le vendredi 9 octobre 2026, le président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Guy Sabangu Kashala, a conduit une délégation parlementaire sur le site afin de constater l’ampleur des dégâts et d’évaluer l’état général des installations. Cette visite d’inspection, à laquelle ont pris part des membres du Bureau et plusieurs députés provinciaux, a notamment porté sur la toiture endommagée ainsi que sur les conditions de conservation de la salle historique intégrée à cet ensemble architectural.

Une infrastructure historique confrontée à de sérieuses défaillances
Au-delà des dommages provoqués par les intempéries, c’est l’état général du complexe qui interpelle. À l’issue de sa visite, Guy Sabangu Kashala a exprimé ses regrets face à la situation observée, mettant en évidence des insuffisances qui nécessitent, selon les constats rapportés, une attention particulière des autorités compétentes.
La toiture détériorée, la salle toujours inachevée et les cuves abandonnées figurent parmi les éléments relevés lors de cette inspection. Ces défaillances alimentent les interrogations sur la qualité des travaux exécutés, alors que la réhabilitation du site devait contribuer à sa remise en état et à sa valorisation institutionnelle.
Pour les responsables provinciaux, l’enjeu dépasse désormais la seule réparation des dégâts liés aux intempéries. Il s’agit également de comprendre les raisons pour lesquelles certaines parties de l’infrastructure se trouvent dans un état aussi préoccupant et de déterminer les responsabilités éventuelles dans l’exécution des travaux.
Guy Sabangu Kashala annonce une enquête
Face à cette situation, le président de l’Assemblée provinciale a annoncé, au nom de son institution, l’ouverture d’une enquête destinée à identifier les entreprises ayant participé aux travaux et à examiner la qualité de leur exécution.
Cette démarche devrait permettre de mieux cerner les circonstances ayant conduit aux dégradations constatées et de déterminer les mesures correctives qui s’imposent. À ce stade, aucune conclusion définitive sur d’éventuelles responsabilités ne peut toutefois être tirée sans les résultats des vérifications annoncées.
Dans le même élan, Guy Sabangu Kashala a instruit l’administrateur du complexe de transmettre un rapport à l’organe délibérant. Ce document devra contribuer à éclairer les députés provinciaux sur la situation de l’édifice, les difficultés rencontrées et les actions susceptibles d’être engagées pour remédier aux insuffisances constatées.
L’annonce de cette enquête marque ainsi une volonté affichée de faire la lumière sur les conditions de réalisation des travaux et de renforcer le suivi institutionnel de ce dossier.
La remise du bâtiment au cœur des préoccupations
Au cours de cette visite, plusieurs députés provinciaux ont également plaidé en faveur de la remise effective du bâtiment, afin que celui-ci puisse être utilisé conformément à sa destination.
Cette revendication met en évidence une autre difficulté : celle de l’aboutissement du processus de réhabilitation et de la mise à disposition effective d’une infrastructure dont l’état actuel ne semble pas répondre aux attentes exprimées par les élus.
La question de la remise du bâtiment reste donc étroitement liée à celle de la qualité des travaux. Avant toute utilisation dans des conditions satisfaisantes, les insuffisances relevées devront être évaluées et les éventuelles réparations nécessaires clairement définies.
Un patrimoine historique à préserver
Le complexe La Renaissance revêt également une dimension historique particulière. Selon les informations communiquées à l’occasion de cette visite, la salle concernée est présentée comme un lieu ayant servi de cadre à l’élaboration de la première Constitution de la République, à l’époque de l’ancienne Luluabourg, aujourd’hui Kananga. L’ancien bâtiment a par ailleurs été réhabilité dans la perspective d’accueillir un nouveau Capitole.
Cette dimension patrimoniale renforce les enjeux liés à sa conservation. Au-delà de son état matériel, l’édifice représente une mémoire institutionnelle dont la préservation nécessite un entretien adéquat, des travaux de qualité et un suivi rigoureux des investissements consentis.
Dans une province où les infrastructures publiques constituent un enjeu majeur de développement, la dégradation d’un tel site pose inévitablement la question de la durabilité des ouvrages réalisés et de la responsabilité des différents intervenants dans leur exécution.
Des réponses attendues après l’inspection
Au terme de la visite, le constat dressé demeure préoccupant : une toiture endommagée, une salle inachevée et des cuves laissées à l’abandon. Autant d’éléments qui appellent des explications précises et des mesures correctives adaptées.
Les résultats de l’enquête annoncée par Guy Sabangu Kashala seront donc particulièrement attendus. Ils devraient permettre de clarifier les conditions d’exécution des travaux, d’identifier les éventuelles défaillances et de déterminer les interventions nécessaires à la sécurisation et à la réhabilitation du complexe.
Pour l’Assemblée provinciale du Kasaï Central, le défi consiste désormais à transformer les constats de terrain en actions concrètes. La préservation de ce patrimoine historique et institutionnel dépendra de la transparence des vérifications annoncées, de la qualité des éventuelles réparations et de la capacité des autorités compétentes à garantir que les infrastructures publiques répondent durablement aux normes attendues.
À Kananga, le dossier du complexe La Renaissance s’impose ainsi comme un test de suivi des travaux publics et de protection du patrimoine. L’enquête annoncée devra apporter des réponses, tandis que la remise effective du bâtiment demeure une attente exprimée par plusieurs élus provinciaux.
Gilbert Kabongo