Kasaï-Oriental : Mbujimayi veut encadrer l’exploitation artisanale du cuivre et accélérer sa transformation locale

MBUJIMAYI – Le Kasaï-Oriental entend franchir un nouveau cap dans la gestion de ses ressources minières. Le gouvernement provincial affiche sa volonté de mieux encadrer l’exploitation artisanale du cuivre et de promouvoir sa transformation locale, dans l’espoir de faire de cette richesse minière un véritable levier de développement économique et industriel.

C’est dans cette perspective qu’une délégation composée de représentants du ministère des Mines et de plusieurs organismes spécialisés a effectué une mission d’inspection sur différents sites miniers, notamment à Katende et à Bena Muya, situés sur le périmètre du permis d’exploitation de la Minière de Bakwanga (MIBA).

Cette mission a mobilisé le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC), l’Entreprise générale du cobalt (EGC), le Cadastre minier ainsi que l’Inspection générale des mines (IGM).

Au-delà des visites de terrain, cette démarche vise à poser les bases d’une exploitation artisanale mieux organisée, davantage encadrée et conforme aux exigences de la réglementation minière en vigueur.

L’un des principaux objectifs poursuivis consiste à favoriser le regroupement des exploitants artisanaux en coopératives minières. Une telle organisation devrait permettre de faciliter leur encadrement administratif et technique, tout en améliorant le suivi des activités sur les différents sites concernés.

Dans le même élan, les autorités entendent accélérer l’institutionnalisation des Zones d’exploitation artisanale (ZEA), considérées comme un instrument essentiel pour structurer les activités minières artisanales et délimiter les espaces dédiés à cette forme d’exploitation.

Cette volonté de formalisation traduit l’ambition des autorités provinciales de mieux organiser la filière du cuivre, tout en renforçant la traçabilité des minerais et la transparence des circuits de commercialisation.

Parallèlement à cette démarche, le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses prévoit l’installation d’un centre de négoce à Mbujimayi. Cette infrastructure devrait contribuer à structurer davantage les échanges commerciaux autour des substances minérales issues de l’exploitation artisanale.

À travers ce projet, les acteurs du secteur minier entendent favoriser un cadre de commercialisation mieux organisé, susceptible de renforcer le contrôle des transactions et d’améliorer la traçabilité des minerais produits dans la province.

Mais pour le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo, l’enjeu dépasse la seule organisation de l’exploitation minière artisanale. Le chef de l’exécutif provincial plaide pour une transformation locale du cuivre extrait au Kasaï-Oriental, afin que la province puisse tirer davantage profit de ses propres ressources naturelles.

Cette orientation vise à encourager le développement d’activités industrielles capables de transformer le minerai sur place, plutôt que de se limiter à son extraction et à sa commercialisation sous forme brute.

Une telle perspective pourrait contribuer à la création de valeur ajoutée, à la diversification de l’économie provinciale et à l’émergence de nouvelles opportunités d’emploi.

Toutefois, cette ambition industrielle se heurte à un défi majeur : la disponibilité de l’énergie électrique. L’amélioration de l’approvisionnement en électricité apparaît comme une condition indispensable à l’installation et au fonctionnement d’unités de transformation du cuivre à Mbujimayi.

Sans des infrastructures énergétiques adaptées et une alimentation électrique suffisamment fiable, la mise en place d’une véritable industrie de transformation minière risque de se heurter à d’importantes contraintes techniques et économiques.

Entre l’encadrement des exploitants artisanaux, la formalisation des activités minières, la mise en place d’un centre de négoce et la promotion de la transformation locale, le Kasaï-Oriental cherche ainsi à redéfinir la place de ses ressources minières dans son développement économique.

Reste désormais à traduire ces ambitions en réalisations concrètes, capables de faire du cuivre un moteur de croissance et de création de richesse au bénéfice de la province et de sa population.

REDACTION

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *