
Moscou, 29 octobre 2026. Au 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a défendu une vision du partenariat international fondée sur la souveraineté des États, la recherche de la paix, la création d’emplois et le renforcement de la place du continent africain dans les instances de décision mondiales.
Dans son allocution prononcée ce jeudi 29 octobre dans la capitale russe, le chef de l’État congolais a appelé à dépasser les considérations géopolitiques pour privilégier des coopérations capables de produire des résultats concrets au bénéfice des populations. Un discours qui place les intérêts de la RDC au cœur de sa stratégie diplomatique, dans un contexte international marqué par les rivalités de puissance et la persistance de plusieurs crises sécuritaires.
Diversifier les partenariats sans renoncer à la souveraineté
Devant les participants à cette rencontre Russie-Afrique, Félix Tshisekedi a réaffirmé la volonté de Kinshasa de multiplier ses partenaires économiques et diplomatiques, tout en préservant son autonomie stratégique.
Pour le président congolais, l’ouverture à de nouveaux partenaires ne doit pas être interprétée comme un alignement systématique sur un bloc géopolitique.
« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il déclaré.
Cette position traduit la volonté de la RDC de maintenir une marge de manœuvre dans ses relations internationales. Pour Kinshasa, l’enjeu consiste à transformer les relations diplomatiques en opportunités de développement, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’industrialisation et de la transformation locale des ressources naturelles.
Au-delà des déclarations de principe, cette orientation pose également la question des retombées concrètes des partenariats internationaux : investissements productifs, transferts de compétences, emplois locaux et amélioration des conditions de vie.
L’Est de la RDC, priorité sécuritaire et diplomatique
La question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a occupé une place importante dans le discours présidentiel. Face à la persistance des violences armées, Félix Tshisekedi a dénoncé l’exploitation illicite des ressources naturelles, qu’il considère comme l’un des facteurs alimentant les conflits.
Le chef de l’État a réaffirmé la détermination de son gouvernement à rechercher une paix durable, fondée sur la protection des populations civiles et le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
« Notre choix est celui d’une paix durable, qui garantisse la sécurité de nos concitoyens et rétablisse l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national », a-t-il souligné.
À travers cette déclaration, le président congolais a rappelé que la stabilité de l’Est du pays ne saurait se limiter à une cessation ponctuelle des hostilités. Elle suppose également de lutter contre les circuits d’exploitation illégale des minerais, de renforcer les institutions publiques et de créer les conditions d’un retour durable des populations déplacées à leurs activités.
Pour Kinshasa, la sécurisation des zones affectées par les conflits représente ainsi un préalable à la reconstruction économique et au développement des provinces touchées.